EDITO Février 20176 mars 2017

Toute forme d’organisation collective se construit à partir des aspirations communes de ses membres, mais aussi à partir de leurs désaccords. L’unité d’une communauté ne peut se penser indépendamment des oppositions qui s’y manifestent, c’est pourquoi toutes inventent des espaces où les dissensions peuvent, un tant soit peu, s’exprimer et être considérées. Quand ces dissensions ne parviennent plus à être absorbées par la communauté, à être un minimum prises en compte, il n’y a plus à proprement parler de communauté mais seulement des individus en but à la domination d’autres individus plus forts ou mieux organisés…
Les temps que nous traversons appellent à expérimenter partout des modèles d’organisation collectives plus partagés et partageurs que ceux qui nous sont imposés.
Ici et là, dans les interstices du monde marchand, s’inventent déjà et souvent joyeusement, les pratiques de celles et ceux qui œuvrent au quotidien à ces alternatives. Ils n’attendent pas de lendemains qui chantent et ne font pas du consensus l’horizon idéal de la vie collective ; ils agissent au présent, à leur échelle, à partir des réalités qu’ils rencontrent. Le Théâtre L’ÉCHANGEUR est l’un de ces interstices.
RÉGIS HEBETTE